Dans les systèmes de production coton-céréales-élevage de l’Ouest du Burkina Faso, et en particulier de la Province du Tuy, la viabilité économique des unités de production et la satisfaction des besoins alimentaires des familles rurales reposent en grande partie sur l’agriculture et l’élevage et donc en particulier sur la fertilité des sols (cultivés et pâturés). Les ménages ruraux doivent de fait concilier un objectif triple de sécurité alimentaire, d’obtention de revenu suffisants et de gestion durable des ressources agro-sylvo-pastorales pour satisfaire leurs besoins actuels mais aussi ceux des générations à venir.
Les sols du Tuy relèvent d’une certaine pauvreté naturelle en éléments minéraux de base et se caractérisent par une fragilité structurelle. Avec l’augmentation de la population, l’extension des cultures et l’augmentation des troupeaux d’herbivores, ils sont fortement sollicités pour produire de la biomasse végétale et leur fertilité est mise à rude épreuve. Ils sont de fait très exposés au risque d’érosions et de dégradation.
Les phénomènes de ruissellement et d’érosion sont exacerbés en hivernage par les pluies torrentielles. En saison sèche, la chaleur élevée et le manque d’eau ralentissement l’activité biologique des sols et partant l’élaboration du complexe argilo-humique. La réduction de la pluviométrie, conséquence prévisible du réchauffement climatique, affectera la production de biomasse, et accentuera les effets du vent et du ruissellement sur des sols mis à nu.
Chaque année les exportations en éléments minéraux et organiques par les cultures, les pâtures et la coupe du bois devraient être compensées par des apports sous forme de fumure organique et d’engrais minéraux pour équilibrer le bilan. Or, dans le contexte actuel, le bilan de fertilité est négatif et les sols s’appauvrissent. Cette situation peut s’expliquer par : l’extension des cultures et l’abandon de la pratique de la jachère entraînant une exploitation minière de la fertilité des sols ; une utilisation limitée des engrais minéraux en raison de leur coût ; une faible valorisation de la matière organique produit sur les champ (résidus de culture) et par les troupeaux (déjection) ; un surpâturage des ressources lié à l’accroissement du cheptel, un déficit de gestion collectif des ressources agro-sylvopastorales (contrôles des feux…) ; une déforestation de plus en plus importante pour satisfaire un besoin croissant en bois de feu.
En conséquence, les rendements agricoles sont médiocres et la productivité des troupeaux est faible, la sécurité alimentaire n’est pas garantie, les ressources naturelles, dont les sols, sont sur-exploitées et elles se dégradent.
La Province du Tuy est emblématique de cette problématique. Sa situation agropastorale se dégrade et elle se caractérise aujourd’hui par :
Face à cette situation problématique que faire ? Une alternative se présente. Soit l’on subit, on supporte, puis un jour on part… Soit on se concerte, on réfléchi ensemble, et on agi pour transformation cette situation, faire évoluer les pratiques, innover… C’est ce que propose l’action « Fertipartenaires ».
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